Le sens profond des arts martiaux

 

UN PEU D’HISTOIRE …

D’une manière générale, les arts martiaux puisent leurs origines dans des contrées différentes : Japon, Chine, Corée et Vietnam, en passant par l’inde et sans oublier Babylone et l’Egypte ou 5000 ans au moins avant J-C naîtront les luttes gréco-romaines et celtiques.

 Avant toute chose, Il nous faut comprendre que les arts martiaux sont majoritairement présentés au public sous leur angle sportif ou modernisé.  Hors, indéniablement ils voyagent et se transforment pour s’adapter au contexte culturel….. 

Par ailleurs, les véritables techniques et stratégies  dont l’efficacité n’est plus à mettre en doute, ne sont enseignées qu'à de rares disciples. 

Un  grand nombre  de techniques sont prétendument exposées comme étant au service du combat. Mais, la réalité  est autre : il s’agit davantage d’exercices  aux vertus uniquement thérapeutiques ou énergétiques. 

Certaines techniques efficaces à l'origine, deviennent de par les modifications même légères  qu’elles subissent  une vulgaire imitation de ce qu’elles  sont  censées être.

 

L’ART MARTIAL EST NE DE l’INFLUENCE DE PLUSIEURS STYLES 

L’histoire des arts martiaux  montre  à l’évidence  que  depuis plusieurs siècles,  ces derniers se sont  modifiés, voire mélangés.  Ainsi, un art martial est  assez souvent constitué  de  la rencontre de plusieurs styles et cela sans que la plupart  du temps, vous n’en sachiez rien.  Il serait inexacte de croire à l’existence d’un art martial « idéal ». Cependant, nous devons admettre que les arts martiaux offrent un panel de techniques et de stratégies différentes plus ou moins adaptées à chacun d’entre nous. Ajoutons, qu’il ne faut pas se laisser enfermer dans un suivisme aveugle ne laissant pas ou peu de place à l’esprit critique. N’hésitez pas  à établir des éléments de comparaison entre les différents styles et les maîtres qui les pratiquent.

 

LA MAITRISE DES EMOTIONS COMME CLE DE SUCCES

Les sentiments comme  la peur, la violence,  l’angoisse,  la tristesse, le doute, l’anxiété et le rejet  de l’autre  souvent lié à l’ignorance, sont inhérents à la condition humaine.  Cependant, l’étude et la pratique des arts martiaux conduisent  à la maîtrise de ses émotions. Souvenez –vous qu’ils  sont un moyen intéressant et pertinent d’atteindre le but noble et ultime de la connaissance de soi. De plus,  cette  démarche ouvre la voie à la rencontre avec l’autre.  La connaissance de soi conduit à l’acceptation de l’autre dans ses spécificités qui sont autant de richesses à saisir et à exploiter…  D’un point de vue spirituel, les arts martiaux sont une invitation à cheminer et partager avec  ses semblables. Ainsi, l’intégration de l’altérité et la compassion sources de préservation de la vie sous toutes ses formes  germera dans l’esprit et le cœur de « l’initié ». 

 

S’ATTACHER DAVANTAGE A L’ENSEIGNEMENT QU’A CELUI QUI ENSEIGNE 

Il n’est pas rare de constater un attachement très profond et une admiration sans borne à l’enseignant.  Dans ce contexte particulier, ne jamais sacraliser la personne du « Maître » ou du professeur doit être une règle à observer scrupuleusement. Quoi qu’il en soit, ils demeurent des êtres humains faillibles. Ne jamais non plus, se fier aux apparences ! Elles peuvent être trompeuses. Et plus dure sera la chute !  S’attacher davantage  à l’objet enseigné et aux enseignements qui en découlent est parfois plus utile et plus pertinent que de s’attacher à la personne de celui qui enseigne. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il ne faille pas exiger de l’instructeur une droiture d’esprit et une intégrité morale au-dessus de tout soupçon. 

 

SPORT DE COMBAT ET ART MARTIAL : DEUX OBJECTIFS DIFFERENTS

L’appellation  « art martial » est devenue  avec le temps un terme galvaudé, quelque peu éloigné de son origine première, entraînant une fâcheuse confusion avec les sports de combat.  Ces derniers (full contact, kick boxing ou bien encore muay thaï etc…) confinés  à l’intérieur de règles limitatives, ont pour seul but la compétition. A l’inverse, les arts martiaux adoptent une posture bien différente principalement accès sur la recherche de l’équilibre  entre le corps et l’esprit, de la connaissance de soi et l'humilité. La problématique de la réelle efficacité de tel ou tel autre art martial, dans un contexte de combat devient secondaire. Elle ne doit pas être recherchée à tout prix. Cependant, certains arts martiaux sont devenus des sports de combat : judo, karaté, taekwon- do, lutte, boxe, kung Fu... Dans ces cas précis, leur devenir dépendra exclusivement de l’approche et donc des intentions qui animent celui qui enseigne. En effet, l’art martial devient ce que l’on en fait.

Souvent, la démocratisation  et la modernisation d'un art martial entraîne une certaine simplification, voire son édulcoration.  En revanche, il arrive que ses aspects ancestraux ou efficaces (...) soient  véhiculés par une minorité fidèle aux traditions martiales et soucieuse  de les enseigner secrètement  en direction de quelques initiés : c'est le cas de la plupart des arts martiaux, si ce n'est tous... Par exemple : le Taiji Quan, l'Aïkido, la Capoeira, la Boxe française, etc... 

 

LA TRADITIONNELLE DIVISION DES ARTS MARTIAUX EN STYLE EXTERNE ET INTERNE

Les chinois ont pour habitude de diviser les arts martiaux en deux catégories : styles internes et styles externes. Il est probable qu’à l’origine  cette distinction  était intimement liée  au contexte géographique des arts martiaux. Les chinois désignaient par "internes" les boxes pratiquées par les moines taoïstes du Mont Wudang et "externes" celles pratiquées par les moines bouddhistes de la région de Shaolin. 

Néanmoins, par extension, les différents styles sont dits « externes « ou « internes » par référence aux façons d'être et stratégies de combat : 

-A l’inverse des   arts martiaux externes  qui se  caractérisent souvent  par une approche purement physique et musculaire, au sein des  arts martiaux  internes  la force musculaire  n’est  que secondaire. 

D’ailleurs, les arts internes présentent souvent un caractère ésotérique. Il s’agit d’un voyage à l’intérieur de soi, une introspection cognitive destinée à découvrir sa nature profonde. Ce voyage  ne cessera d’inviter le  moi intime à s’interroger  sur le sens de l’existence  sans oublier d’y apporter  les réponses adaptées.  Il s’agit d’une démarche qui  harmonise et rééquilibre  la relation triangulaire soi-autrui-univers. Aussi, La relaxation, le lâcher prise, le centrage,  sont autant  de moyens  qui correspondent à une descente en soi-même, source de réforme radicale du comportement humain. La maîtrise au sein des arts martiaux est synonyme de confiance totale en soi : il faut donc se connaître soi-même ! 

Les arts martiaux internes  par leur démarche profondément ésotérique  ont la capacité de solliciter positivement et efficacement les  différentes zones du cerveau et du corps. A l'inverse, la dénaturation des arts martiaux ne permet pas la rencontre avec soi.

Il est fort regrettable de constater ,que dans la majorité des cas, la plupart des pratiquants  même des « maîtres » ,ont réduit les arts martiaux à une approche purement technique  en les déconnectant totalement de leur nature originelle foncièrement tournée vers la connaissance de soi.

 

La dimension spirituelle disparaît si tant est qu’elle ait existé! Vidé de son sens profond, «instrumentalisé », l’art martial devient une fin en soi et non plus  un moyen pour atteindre le but  noble: celui de la rencontre avec soi. Alors tout devient possible et la compétition pour écraser l’autre est à présent la règle.

 

CONCLUSION

Chacun peut être porté par la recherche d’un but différent et personnel. Le principe de l’altérité suppose que nous respections ce but sans pour autant être obligé d’y adhérer. Chacun son histoire et chacun son expérience spirituelle : l’essentiel est de pouvoir en témoigner librement en échangeant avec l’autre et cela par l'intégraiton des convictions individuelles. C’est de la compréhension et de l’intériorisation de la  nécessaire diversité que naît la véritable sagesse.